Culte du 09/03/08

 

 

PSAUME 133

 

      1  Cantique pour la route vers la demeure de l’Eternel. De David. Oh! Quel

      plaisir c’est, pour des frères, et quel bonheur que d’être ensemble!

 

      2  C’est comme l’huile parfumée répandue sur la tête, qui descend sur la

      barbe, la barbe d’Aaron, et coule jusqu’au bord de ses habits.

 

      3  C’est comme la rosée qui descend de l’Hermon sur le mont de Sion. C’est

      que l’Eternel accorde sa bénédiction et la vie pour toujours.

 

      Le Psaume 133 est ce qu’on appelle un « cantique des montées », parce

      qu’il était chanté alors que l’on montait à Jérusalem pour les grandes

      fêtes annuelles. David décrit la joie qu’ont les pèlerins à se retrouver

      dans la ville sainte :

      Oh! Quel plaisir c’est, pour des frères, et quel bonheur que d’être

      ensemble!

 

      On peut se demander si David, emporté par son élan poétique, n’embellit

      pas un peu les choses. On sait que ses rapports avec ses frères selon la

      chair n’ont pas toujours été faciles. Ces derniers ont été très lents à le

      prendre au sérieux, étant donné que c’était le petit dernier. Quand il

      vient leur apporter à manger à leur campement, son frère aîné se met en

      colère contre lui et lui fait un procès d’intentions : Que viens-tu faire

      ici ?... Je te connais bien, moi, petit prétentieux ! Je sais quelles

      mauvaises intentions tu as dans ton cœur ! Tu n’es venu que pour voir la

      bataille ! En réalité, David était venu pour gagner la bataille, celle

      contre Goliath !

 

      Je me demande également quelle a été l’atmosphère de ces fêtes religieuses

      pendant la guerre civile qui a suivi la mort de Saül. Sans parler des

      propres enfants de David pour qui être ensemble était plus une corvée

      qu’autre chose.

 

      Quelle Eglise n’a pas connu des tensions ou des réactions de la part de

      membres en colère ou tout simplement maladroits ayant le don de gâcher la

      fête ? Beaucoup de pasteurs ont un peu de mal à dormir avant l’assemblée

      générale annuelle, parce qu’ils se demandent quel mauvais coup le diable

      leur a encore préparé.

 

      Mais David n’est pas déconnecté de la réalité ; il est au contraire

      connecté à la réalité spirituelle, et il sait que là où deux ou trois sont

      réunis parce que Dieu les a convoqués, et ce malgré les différences qui

      pourraient les opposer, « l’Eternel accorde sa bénédiction et la vie pour

      toujours. »

 

 

 

      David ne se laisse pas décourager par les manquements humains, les

      querelles intestines, les incompréhensions et les attaques spirituelles,

      mais il lève les yeux vers les montagnes, d’où lui vient le secours

      (Psaume 121.1-2). Il sait que les croyants, même au mieux de leur forme,

      restent de simples pécheurs, mais il compte sur la grâce de Dieu, comme le

      péager de la parabole.

 

      Et pour nous aider à comprendre sa perspective, il se sert de deux images

      très parlantes : celle de l’huile parfumée et celle de la rosée.

      L’huile parfumée dont parle le Psaume est celle qui servait à l’onction

      des prêtres. Ces derniers n’étaient pas meilleurs que leurs frères, mais

      ils étaient mis à part pour servir Dieu d’une manière particulière.

 

      Dans le N.T., c’est l’Eglise entière qui est devenue « un groupe de

      prêtres consacrés à Dieu, chargés de lui offrir des sacrifices spirituels

      qu’il pourra accepter favorablement par J.-C. » (1 P 2.5). L’huile

      représente le Saint-Esprit répandu à Pentecôte sur l’Eglise-corps de

      Christ, versé d’abord sur la tête – Jésus-Christ – puis descendant sur la

      barbe et coulant jusqu’au bord de la tunique de lin. L’Esprit nous est

      envoyé par le Fils après avoir été glorifié, après avoir acquis notre

      salut. Plus rien n’empêche la bénédiction de se répandre sur le peuple de

      Dieu réuni.

 

      (1) C’était une huile de première qualité, composée à partir d’aromates

      très recherchés. De même la bénédiction qui repose sur l’Eglise de Dieu

      est de grande qualité, précieuse, et ceux qui s’en privent ne savent pas

      ce qu’ils perdent.

 

      (2) C’était une huile parfumée. Malgré nos péchés, nos sacrifices

      spirituels sont d’agréable odeur à l’Eternel, nos prières sentent bons,

      nos cantiques parviennent aux oreilles des anges qui louent Dieu avec

      nous. Ce n’est pas le cas des prières des hypocrites, qui ressemblent aux

      autres extérieurement, mais répandent dans la maison de Dieu une odeur

      nauséabonde, leur cœur n’ayant jamais été purifié par une vraie repentance

      et une foi sincère.

 

      (3) C’était une huile sainte, réservée à un usage précis. Elle ne pouvait

      servir d’onguent après le bain par exemple. De même le Saint-Esprit nous

      est donné pour un usage précis : offrir à Dieu des sacrifices spirituels.

      C’est aussi la raison pour laquelle la sainteté convient à la maison de

      Dieu et qu’une certaine discipline doit s’y exercer. « Les mouches mortes

      gâtent et font fermenter l’huile parfumée », dit l’Ecclésiaste (10.1a). La

      bénédiction divine peut-être gâchée par l’absence de discipline, par un

      trop grande tolérance à l’égard du péché.

 

      (4) C’était enfin une huile abondante. C’est pourquoi elle descend sur la

      barbe, signe de dignité masculine. La discipline masculine est adoucie par

      l’huile, elle est imprégnée de miséricorde et vise toujours le

      rétablissement du pécheur. L’huile est si abondante qu’elle coule même

      jusqu’au bord du vêtement. Autrement dit, personne n’échappe à la

      bénédiction. Même les hypocrites goûtent au don du ciel, ont part au

      Saint-Esprit (He 6.4), mais leur vie reste inchangée, ce qui les rend

      d’autant plus coupables.

 

      Je ne m’étendrai pas sur la deuxième image, qui est semblable à la

      première. « L’Hermon est une haute montagne au nord est de la Palestine,

      souvent couverte de neige. L’humidité aspirée sur ses pentes se répand en

      rosée fertilisante dans le nord du pays et souvent, par vent favorable,

      jusqu’en Judée » (note de la Bible Semeur). La rosée céleste ne monte pas

      ; elle descend. C’est Dieu lui-même qui nous l’envoie quand nous nous

      réunissons pour lui rendre un culte. Bien sûr celui qui se trouve aux

      pieds de la montagne de la grâce en profite davantage et porte davantage

      de fruit, mais même ceux qui sont les plus éloignés bénéficient de sa

      fraîcheur, car l’Esprit souffle jusqu’aux confins du pays afin que

      personne ne soit laissé pour compte.

 

      Alors ne regardons pas trop à nous-mêmes aujourd’hui, à nos péchés ou à

      nos divergences d’opinion. Faisons plutôt comme David et levons les yeux

      vers la montagne de Sion, d’où nous viendra le secours. Ainsi nous

      pourrons offrir à Dieu des sacrifices de louange par Jésus-Christ et nous

      écrier :

      Oh! Quel plaisir c’est, pour des frères, et quel bonheur que d’être

      ensemble!