Dimanche 13 Juillet 2008
Le jugement dernier
Mt 25.31 Lorsque le Fils de l’homme viendra dans sa gloire, avec tous les
anges, il s’assiéra sur son trône de gloire.
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Toutes les nations seront assemblées devant lui. Il séparera les uns
d’avec les autres, comme le berger sépare les brebis d’avec les boucs,
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et il mettra les brebis à sa droite, et les boucs à sa gauche.
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Alors le roi dira à ceux qui seront à sa droite: Venez, vous qui êtes
bénis de mon Père; recevez en héritage le royaume qui vous a été préparé dès la
fondation du monde.
35
Car j’ai eu faim et vous m’avez donné à manger; j’ai eu soif et vous
m’avez donné à boire; j’étais étranger et vous m’avez recueilli;
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nu et vous m’avez vêtu, j’étais malade et vous m’avez visité, j’étais en
prison et vous êtes venus vers moi.
37
Alors les justes lui répondront: Seigneur, quand t’avons-nous vu avoir
faim, et t’avons-nous donné à manger; ou avoir soif, et t’avons-nous donné à
boire?
38
Quand t’avons-nous vu étranger, et t’avons-nous recueilli; ou nu, et
t’avons-nous vêtu?
39
Quand t’avons-nous vu malade, ou en prison, et sommes-nous allés vers
toi?
40
Et le roi leur répondra: En vérité, je vous le dis, dans la mesure où
vous avez fait cela à l’un de ces plus petits de mes frères, c’est à moi que vous
l’avez fait.
41
Ensuite il dira à ceux qui seront à sa gauche: Retirez-vous de moi,
maudits, allez dans le feu éternel préparé pour le diable et pour ses anges.
42
Car j’ai eu faim, et vous ne m’avez pas donné à manger; j’ai eu soif, et
vous ne m’avez pas donné à boire.
43
J’étais étranger, et vous ne m’avez pas recueilli; nu, et vous ne m’avez
pas vêtu; malade et en prison, et vous ne m’avez pas visité.
44
Alors ils répondront eux aussi: Seigneur, quand t’avons-nous vu ayant
faim ou soif, étranger, ou nu, ou malade, ou en prison, et ne t’avons-nous pas
rendu service?
45
Alors il leur répondra: En vérité, je vous le dis, dans la mesure où
vous n’avez pas fait cela à l’un de ces plus petits, c’est à moi que vous ne
l’avez pas fait.
46
Et ceux-ci iront au châtiment éternel, mais les justes à la vie
éternelle.
Quand
dans l’hélicoptère les soldats colombiens se sont identifiés, on a cette image
très forte des otages pleurant de joie, tandis que leurs bourreaux se font
rouer de coups.
C’est
à une scène semblable que l’on assiste dans ce passage qui nous parle de façon
très explicite du retour de Jésus et du jugement qui s’ensuivra.
Il
est très important que nous vivions dans la perspective du retour de Christ,
car cela nous aidera à établir les bonnes priorités. Si je sais que je vais
devoir un jour rendre compte de mon travail, cela m’aide à surmonter ma paresse
naturelle, ma tendance à en faire le moins possible.
Jésus
nous dit que quand il reviendra « dans sa gloire, avec tous les anges, il
s’assiéra sur son trône glorieux ». Il a été ici-bas le serviteur
souffrant, mais c’est en qualité de roi et de juge suprême qu’il reviendra à un
moment connu de lui seul.
Et
c’est en qualité de roi-juge qu’il rassemblera toutes les nations et séparera
les brebis des boucs.
Cette
image des brebis et des boucs vient probablement d’Ezéchiel 34, où Dieu, après
s’en être pris aux bergers d’Israël qui ne font pas leur travail, compare son
peuple à un troupeau de brebis et de boucs. Les boucs se distinguent des brebis
par un comportement répréhensible :
1.
Ils foulent aux pieds la
part de pâturage qui revient aux brebis.
2.
Ils troublent l’eau avec
leurs pieds.
3.
Ils frappent de leurs
cornes les bêtes faibles et les poussent hors du troupeau.
Cette
mini-parabole semble donc s’appliquer à la façon dont les membres du peuple de
Dieu se comportent les uns par rapport aux autres, et surtout par rapport aux
membres les plus faibles.
Empêchons-nous
les brebis les plus faibles de se repaître de la grâce de Dieu ? Les
empêchons-nous de se désaltérer à la source de vie, en mêlant à l’Evangile de
la grâce nos pensées humaines légalistes ou libérales ? Les poussons-nous
hors de l’Eglise,
Le
jugement dont il est question dans notre passage n’est donc pas le jugement des
non-croyants, des gens qui vivent en dehors de l’alliance, mais celui des
membres de l’Eglise visible, dont on sait qu’elle est un mélange de blé et
d’ivraie, de jeunes filles avisées et de jeunes filles insensées, de serviteurs
bons et fidèles et de serviteurs méchants, paresseux et inutiles.
La
récompenses des justes est extraordinaire : « Venez, vous qui êtes
bénis de mon Père; recevez en héritage le royaume qui vous a été préparé dès la
fondation du monde ». La plus grande récompense des justes est de pouvoir
s’approcher de leur roi, d’avoir accès à sa présence.
Ils
peuvent venir à lui parce qu’ils sont « bénis » de Dieu. Cette
bénédiction ne leur est pas accordée au moment du jugement, elle repose sur eux
depuis la fondation du monde, elle est la source véritable de leur salut. Tout
le reste en découle, comme de la fontaine de tous biens.
Le
roi les invite à prendre possession de leur héritage, du royaume qui a été
préparé pour eux de longue date. Paul prie Dieu d’illuminer l’intelligence des
Ephésiens, afin qu’ils comprennent « quelle est l’espérance qui s’attache
à son appel, quelle est la glorieuse richesse de son héritage au milieu des saints » (Ep 1.18), de cet héritage
dont l’Esprit qui nous a été donné représente un acompte (« C’est cet
Esprit qui constitue l’acompte de notre héritage en attendant la délivrance du
peuple que Dieu s’est acquis » [Ep 1.14]).
Le
roi indique ensuite la raison pour laquelle ils sont ainsi récompensés :
ils ont répondu à ses besoins dans six situations différentes, quand il avait
faim, soif, quand il était étranger, nu, malade et en prison.
Les
justes semblent surpris : Quand t’avons-nous fait cela ? Et le roi
leur explique que dans la mesure où ils ont fait cela à l’un de ces plus petits
d’entre ses frères, c’est à lui qu’ils l’ont fait.
Le
roi s’identifie avec les membres les plus faibles de son peuple. Sur le chemin
de Damas, Saul de Tarse a fait les frais de cette identification du Seigneur
avec son peuple : « Saul, Saul, pourquoi me persécutes-tu? »
(Actes 9.4). Saul faisait partie du peuple de l’alliance, mais il persécutait
les brebis du Seigneur à cause de son ignorance.
Notre
salut dépend en quelque sorte de la façon dont nous traitons les brebis les
plus faibles du troupeau. Si nous prenons soin d’eux, nous hériterons le
royaume, sinon, c’est le feu éternel qui nous attend. Non que nos œuvres de
miséricorde soient la cause de notre salut, mais elles témoignent que nous
sommes vraiment des enfants de Dieu.
Jésus
savait que l’Eglise se répandrait à travers le monde et accueillir toutes
sortes de gens, dont certains s’imagineraient qu’il suffit de se dire chrétien
pour être sauvé . Il montre que le salut ne se réduit pas à une piété
extérieure, à un formalisme religieux dépourvu de miséricorde.
Nous
savons que nous sommes sauvés par la grâce, au moyen de la foi, indépendamment
des œuvres de la loi. Ce passage souligne le fait que l’on reconnaît ceux qui
sont bénis de Dieu à leurs fruits, leurs fruits étant ici six œuvres de
miséricorde.
Ce
ne sont bien sûr que des exemples que Jésus donne. La vie sainte que Dieu
attend de nous ne se limite pas à cela. Il ne faudrait surtout pas s’imaginer
qu’il suffit d’être charitable envers les hommes pour plaire à Dieu. L’amour du
prochain est inséparable de l’amour de Dieu.
« Si
quelqu’un ne se souciant pas de Dieu, dit Calvin, était seulement charitable
envers les hommes, une telle miséricorde ne lui servirait de rien pour apaiser
Dieu, qui pendant cela aurait été frustré de son droit. »
On
peut d’ailleurs interpréter les six œuvres de miséricorde de façon spirituelle.
Ceux qui sont forts spirituellement doivent entourer de leurs soins ceux qui
peinent à avancer, qui ne se sentent pas à la hauteur, mais aspirent à
connaître Dieu. Mais comment puis-je répondre aux besoins spirituels des autres
si je suis moi-même étranger à la vie de Dieu ? La charité véritable doit
être puisée en Dieu. Je dois d’abord être l’objet de sa miséricorde avant de pouvoir
exercer la miséricorde.
Les
boucs sont appelés « maudits » par le roi. C’est parce qu’ils n’ont
jamais accueilli la grâce qu’ils sont devenus aussi durs à l’égard des plus
faibles.
Leur
châtiment est terrible : « Allez-vous-en loin de moi, maudits, dans
le feu éternel préparé pour le diable et pour ses anges ».
Ceux
qui ne connaissent pas Dieu ont pour père le diable, qui endurcit leur cœur et
les pousse à traiter durement leurs semblables. C’est pourquoi ils se
retrouvent au même endroit, dans le feu éternel, où ils subissent un châtiment
éternel, loin du souverain berger.